Donnez-moi ce matin, ces heures 

encore du petit matin 

quand tout commence, donnez-moi, je vous prie, 

ce mouvement léger des branches, 

un souffle, rien de plus, 

et que je sois comme quelqu’un 

qui se réveille dans le monde et qui ne sait 

ni ce qui vient  ni ce qui va 

mourir, donnez-moi 

juste un peu de ciel, ou ce caillou. 

   

Claude Esteban, 

extrait de Quelqu’un commence à parler dans une chambre, éditions Flammarion