Il y a toujours des pays

 

qu’on oublie d’atteindre

 

des pâturages trop riches

 

où fume le plaisir.

 

Je tourne déjà la tête

 

vers le bruit sourd

 

de quatre sabots

 

sur des branches mortes.

 

         *

 

Avec, sur ton pelage,

 

la sueur du désir

 

et la fragrance des forêts

 

stagnant sur la bête rapide,

 

je baiserai tes yeux

 

sur les feux de colère,

 

mes mains seront savantes

 

pour te lier à moi.

 

Je t’enseignerai cette langueur

 

vague et tiède qui règne

 

sur les troupeaux calmes.

 

Andrée Sodenkamp

extrait de C’était une nuit comme une autre, éditions L’arbre à paroles