mercredi 17 décembre 2014

Poème de la semaine

       Nostalgie du présent   A cet instant précis l'homme se dit : Que ne donnerais-je pour la joie d'être en Islande à tes côtés sous le grand jour immobile et de partager le présent comme on partage la musique ou la saveur d'un fruit. A cet instant précis l'homme était près d'elle en Islande.   Jorge Luis Borges extrait de Poèmes d'amour, éditions Gallimard traduction de Silvia Baron Supervielle
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jeudi 13 novembre 2014

Poème de la semaine

    Quand elle était très petite, Lucia Pelaez lut un roman en cachette. Elle le lut par petits bouts, nuit après nuit, en le cachant sous son oreiller. Elle l'avait volé dans la bibliothèque en cèdre où son oncle gardait ses livres préférés.     Plus tard, Lucia marcha beaucoup, tandis que passaient les années.     A la recherche de fantômes, elle marcha sur les rives escarpées du fleuve Antioquia et chercha des gens dans les rues des villes violentes.     Elle marcha... [Lire la suite]
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samedi 18 octobre 2014

Poème de la semaine

(...) ce qui compte avec les bêtes c'est le voyage immobile qu'elles sont et que nous pouvons faire avec elles dans des régions de l'être inconnues ou incomprises insoumises où la frivolité, la douceur, la cruauté, la grâce, le   caprice la mélancolie, la pensée ont leurs points d'ancrage   voyager avec les bêtes, dans les bêtes dans leurs mondes, dans leurs bulles c'est bien le moins, nous remue nous promène dans les cachettes visibles où elles se tiennent et ne nous attendent pas car nous, les derniers, les... [Lire la suite]
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lundi 6 octobre 2014

Poème de la semaine

Clear skies for many at first, some mist and fog is possible towards dawn. Elle a donné de l'eau de pluie au voisin. Elle a serré dans ses bras son vieux père à cause des spasmes au coeur de le voir si vulnérable. Elle a écouté une émission politique de crise morale et financière. Elle a creusé un trou dans son jardin qu'elle a tapissé de paille fine pour que s'y blotissent chat et autres bêtes et méchants - un peu de douceur et le temps passe à l'éclaircie. Elle a donné de l'eau de pluie au voisin deux fois. ça ne peut pas faire de... [Lire la suite]
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jeudi 25 septembre 2014

Poème de la semaine

Je commence à voyager très jeune je sais lire dès que j'ai un corps   Je suis la foule jusqu'à mi-chemin je laisse mes camarades et j'oublie leurs noms   Entrée dans un village désert, j'aperçois des gens je sursaute Mes pieds fatigués par la marche à présent j'ai des cheveux blancs rien de joyeux ni d'épouvantable vu quelqu'un d'autre il sursaute   Sortie d'un bois d'épines la lune à pic au-dessus de ma tête la rivière bruisse - où dormons-nous ce soir, dis-je   Ling Yu extrait d'une petite... [Lire la suite]
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mercredi 3 septembre 2014

Poème de la semaine

au voyage du retour il fait un temps sans faute comme souvent à la fin de l'été; c'est le temps qu'on aurait dû avoir, qu'on a tant attendu, qu'il a fait une fois un jour où on a pas fait très attention en pensant que ça allait durer.   j'ai peur de rentrer dans une maison que j'imagine comme le lendemain de mon déménagement : éreintée d'avoir porté mes affaires si haut j'errais dans le couloir et ces mètres carrés avec un balai.   la lumière est parfaite, sans vent et une chaleur douce dans faiblesse ni... [Lire la suite]
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vendredi 22 août 2014

Poème de la semaine

Toutes les plantes ce matin toutes les bêtes et tous les hommes sont sortis d'une seule maison ils se divisent sur les routes il n'y a rien au-dessus d'eux que la lumière.   Jean Tardieu, extrait de Le fleuve caché, éd. Gallimard
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dimanche 10 août 2014

Poème de la semaine

Je crois qu'une feuille d'herbe est à la mesure du labeur des étoiles, Que ne sont pas moins parfaits la fourmi, le grain de sable, l'oeuf du roitelet, Que la reinette est un chef-d'oeuvre des plus consommés, Que la ronce des mûres serait digne de couvrir les corridors du ciel, Que le plus infime rouage de ma main est une mécanique incomparable, Que la vache qui rumine l'herbe tête humblement baissée est une statue sans rivale, Qu'une souris est miracle propre à ébranler des sextillions d'infidèles.   Sciemment je... [Lire la suite]
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dimanche 13 juillet 2014

Poème pour les dernières semaines du mois de juillet

Mais hier l'enfant a mangé la langue du chat puis d'un saut a tenté d'attraper en vain le merle aux ailes rouges depuis ils babillent miaulent installés au fond du jardin près des cerisiers pour une discussion joyeuse & sans fin   Claude Chambard extrait de Cet être devant soi, éditions Aencrages & Co
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dimanche 6 juillet 2014

Poème de la semaine

Dans ma poitrine verte il pousse des routes   J'ouvre la porte qui me traverse une caravane y entre tout un champ d'herbes se dénoue   Au sens respiratoire : une symétrie profonde.   On touche une cloche, ça sonne un petit oeuf fraichement pondu   Un panier rempli d'eau se pose devant un arbre à demi-nu   Parce qu'on est né au même endroit, on danse   Un racine qui ne s'en va pas diminue la distance entre les branches et moi   Dorothée Volut poème publié dans la revue Va, n°3,... [Lire la suite]
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