albane gellé

vendredi 23 septembre 2016

Poème de la semaine

Ne juge pas les murs arides

pense aux fleurs qui éclosent

entre des pierres, l'invisible

se délivre au bon moment.

Pierre Dhainaut, extrait de Progrès d'une éclaircie, éd. Faï Fioc

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mardi 20 septembre 2016

Lettre d'information

Chers vous tous, qui êtes abonnés à mon petit blog.

Cette lettre un peu inhabituelle, qui n'est pas le Poème de la semaine(il arrivera bientôt c'est promis) pour vous informer de l'évolution du projet, ici avec Petits Chevaux et Compagnie.

Je me permets ce message parce que je ne peux pas faire la distinction précise dans cette liste d'abonnés que vous constituez, entre ceux qui veulent uniquement recevoir un poème dans leur boite mail et ceux qui sont intéressés par des propositions avec le cheval. C'est par respect et reconnaissance pour votre fidélité et votre attention que je m'autorise à vous envoyer ces quelques nouvelles qui concernent finalement les deux domaines.

Voilà des mois et des mois que des questionnements m'accompagnent, et se multiplient (!) avec cette installation ici à Chênehutte, dans ce lieu où j'ai la grande chance d'avoir un bureau pour écrire, et les chevaux à ma fenêtre.Il m'a semblé que ce lieu  avait la faculté de réunir la poésie et le cheval justement, qui sont mes deux joies, libertés, appuis, de toujours. J'ai passé tellement de jours et de nuits, seule mais aussi dans les échanges avec des ami(e)s(grand merci à elles surtout, qui m'ont accompagnée avec patience et bienveillance dans ce cheminement rempli de doutes, d'enthousiasmes, de peurs, de doutes...et qui m'ont tellement aidée à faire confiance dans mes intuitions finalement), tellement de temps à remuer dans tous les sens la façon de m'y prendre pour accueillir, partager, organiser... J'ai eu régulièrement la sensation que j'avais trouvé, que j'avais compris, et puis non, quelque chose tout au fond de moi me disait le contraire. Je voulais à tout prix réunir les mots et les chevaux, je cherchais, je m'épuisais à trouver des formes de propositions dans lesquelles il y aurait les deux.  La programmation des journées de l'automne allait dans ce sens-là. Je ne sais pas si la lune du 16 septembre y est pour quelque chose, ou la tempête de mardi dernier, ou un peu de tout ça, la digestion de tous ces questionnements, l'attention à des sensations physiques aussi, et/ou aussi des choses que j'ignore, oui certainement. Aujourd'hui, je n'ai pas la sensation d'avoir "trouvé" ni résolu quoi que ce soit, mais je sais seulement que cette réunion cheval-poésie ne se situe pas dans l'organisation d'activités.

Il y a d'abord écrire, comme une colonne vertébrale, et sans cet air-là, je sais que je manquerai très vite de souffle. Alors commencer par prendre, reprendre, ce temps et cet espace-là, d'écrire, d'écrire ce que je ne sais pas encore ce qui va s'écrire, d'écrire des poèmes, des livres, des lettres, des histoires peut-être, prendre ce temps aussi de trouver des maisons pour accueillir ce qui s'écrit, des éditeurs, des gens de confiance. Accompagner la poésie alors, plus que jamais, par les lectures ici et là toujours,  près ou plus loin, par des interventions, des rencontres, des festivals, des salons, des résidences.

Un autre désir autour de l'écriture est de répondre à des commandes d'écriture. Qui viennent de gens, de particuliers. Des petits récits de vie, des lettres, des portraits à faire pour ceux qui n'écrivent pas, qui aimeraient garder en mémoire ou offrir en cadeau (à la manière d'un dessin). Me faire en quelque sorte écrivain public, mais pour des domaines de la vie davantage sensibles qu'administratifs (infos sur le blog, très vite, mais cela passera plutôt par le bouche à oreille).

Et puis les chevaux ? ils sont là, ils me disent tellement de choses, ils m'aident à prendre des respirations plus larges, ils apaisent mes paniques. Alors ils seront là aussi pour les enfants, petits et moins petits, qui viendront les mercredis après-midis passer du temps à s'occuper d'eux, à les observer, les caresser, aller se promener avec eux (infos pratiques sur mon blog très vite).

Et puis à partir du printemps prochain, je pourrai aussi emmener en balade celui ou celle qui le désire, sur le dos d'Everest, notre Trait Comtois. Des promenades d'une heure, de trois heures, d'une journée, à la carte.

Voilà, les choses étaient simples finalement, et je me posais des questions compliquées.

Très belle semaine à vous tous.

Albane

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samedi 10 septembre 2016

(...)

 

parfois le soir on s'adosse à l'arbre

et l'on voudrait qu'il soit

notre colonne de vertèbres

et dans les airs et dans les temps

 

Rémi Checchetto, extrait du poème lui qui savait par coeur, éd. Faï fioc.

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vendredi 2 septembre 2016

Poème de la semaine

Les romans sont des abris où retrouver des disparus. Ecrire, c'est construire leur refuge, assembler des branchages, bâtir des murs, préparer les lits, penser à la liste des courses et aux chansons que l'on chantera après le repas. C'est les attendre au bout du chemin, la nuit est tombée déjà, ils sont en retard.

De l'organique, de l'eau, du sable, je prépare un mortier. Les mains sales de malaxer la matière, touours y reviennent.

Ce serait une forêt et je devrais la traverser, seule.    

J'ai tout le temps peur mais c'est chez moi.

(...)

Les gens sont des histoires,tu les inventes, ils vivent plus que vrai. les gens sont une silhouette sur une photo et toute la vie ils sont un pull rayé, un tableau au-dessus de la cheminée, un clocher bande claire, des lunettes fumées, un poulet rôti et des coupes fières. Les gens sont des dates, tu les notes scrupuleusement, des maisons, tu les visites, un bord de rivière, un plat préféré, des cicatrices que rien ne soigne, tu souffles doucement dessus. Les gens sont maintenant des chansons, tu les écoutes et si tu pleures un peu, tu as raison.

extrais de Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin, éd. JC Lattès                                      

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dimanche 21 août 2016

Mais hier

l'enfant a mangé la langue du chat

puis d'un saut a tenté d'attraper

en vain

le merle aux ailes rouges

depuis ils babillent

miaulent

installés au fond du jardin

près des cerisiers

pour une discussion joyeuse

& sans fin

 

Claude Chambard

extrait de Cet être devant soi, éditions Aencrages & Co

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lundi 8 août 2016

Poème de la semaine

On déménage. Hier,

La maison était pleine,

Aujourd’hui elle est vide.

Quelle tête fait-il, le clown ?

A la fois triste et gai.

Aujourd’hui ici, demain

Là-bas. Mais il se demande :

Et si le camion revenait

Avec les meubles et les années ?


Christian GARAUD,  extrait de Le livre des contraires, éditions Petit Va.

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lundi 25 juillet 2016

Poème de la semaine

       Patagonie

Une débâcle de nuages

encombre le ciel grand angle

et le vent d'ouest le vent fou

écarte le cadre de l'image

et le vent d'ouest le vent fou

effiloche la traine des cirrus

le Pacifique baigne dans le sang

tout le ciel entre dans l'oeil d'un poisson.

 

Serge Delaive

extrait de En rade, éd. Décharge/Gros Textes (Polder 129)

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vendredi 8 juillet 2016

Poème de la semaine

Souvent le soir quand la nuit est déjà bien établie,

Je cherche des yeux le Grand et le Petit Chariots

J'aime penser

A des gens que je connais, très loin d'ici

Qui peuvent aussi regarder ces mêmes étoiles.

J'en connais très peu de ces étoiles que donne la nuit

Tu m'apprenais pourtant

Comment on en découvre d'autres

A partir de la configuration de ces deux Chariots

Et par ce geste de me dire, autrefois,

Tu retenais déjà

Au-delà de l'espace et du temps

Le tissu déchiré de ma vie.

 

Le Grand et le Petit Chariots dans le ciel de Tombstone, au-dessus

D'anciens chemins de Vendée

D'un tas de paille à l'Ebaupinaie de Saint-Pierre-à-Champ

Ou du triangle de jardin public entre Douar Jdid et Sidi Slimane.

 

Un geste comme rassembler au bout de ton bras tendu

ce qui ferait l'amitié du monde.

(17 avril 2011)

 

James Sacré

extrait de Un effacement continué ?,  éditions La Dragonne.

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vendredi 17 juin 2016

Poème de la semaine

Où je veux vivre

il y a parfois

cet instant mosan

de mansarde

aux fenêtres grises et bleues,

de mouettes rieuses

qui survolent la terre.

Dés fragiles

juste avant l'horizon,

où je glisse mes doigts

pour découdre le temps

quand la lumière frotte ses yeux

comme un fleuve

allumé

au large du soleil.

 

Henri Falaise

(éd.L'atelier de l'agneau, 1976)

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vendredi 3 juin 2016

Poème de la semaine

  Ma girafe et moi

 

Moi, ça m'est bien égal

Ce qu'ils font.

 

J'ai un cheval dans ma poche

Et d'ailleurs c'est une girafe.

 

Alors quand c'est à moi

Qu'on veut s'en prendre, hop là!

On est loin,

Ma girafe et moi.

 

Et eux

 

N'y comprennent rien.

 

Eugène Guillevic

 

 

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