albane gellé

dimanche 12 août 2018

Poème de la semaine

Situé en quelque nébuleuse lointaine

je fais ce que je fais, pour que

l'équilibre universel dont je fais partie

ne perde pas l'équilibre.

 

Antonio Porchia,

extrait de Voix éparses, éditions Erès.

Posté par albanegelle à 04:36 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]


lundi 30 juillet 2018

Poème de la semaine

Des joies s'élèvent

un peu partout.

 

J'ai de pleins tisons

dans les yeux

et une désolation.

 

Au moindre vent

tout flambe.

 

Martine Audet

extrait de Tête première Dos contre dos, éditions du Noroît.

Posté par albanegelle à 02:58 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 4 juillet 2018

Poème de la semaine

On écrit peut-être pour recomposer en soi les morceaux de beauté que l'on a perdus le long de cette histoire de rêves et de chutes, de passages et de soifs qu'est notre vie.

On écrit peut-être pour toucher à cette furie d'éternité qui nous hante, pour retrouver la beauté des ciels que l'on habite, des mers que l'on traverse, pour retrouver les promesses d'enfant que l'on porte comme des châteaux rasés, reconstruits chaque fois dans l'espérance que ce que l'on édifie ainsi tienne bon, une seule fois peut-être.

Hélène Dorion, extrait de Le temps du paysage, éditions Druide.

Posté par albanegelle à 10:40 AM - Commentaires [1] - Permalien [#]

mercredi 20 juin 2018

Poème de la semaine

Ce siècle d'ogre a-t-il peur

si tu tournes le danger dans ta paume

- un dé ? Quelques fleurs, pétales fanés,

Ta main les roule humides. Sort déjoué,

je voudrais encore. Tes lèvres,

la nuit soudaine comme un voeu

(bouche d'oracle).

 

Une fois fut faite force de glace.

Trouble des fées venues sceller l'anneau de fleurs.

 

Je ne songe. La marche est tienne,

ombre pâle de nos pas noués.

 

Isabelle Lévesque, extrait de Voltige, éditions L'herbe qui tremble

Posté par albanegelle à 10:26 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 10 juin 2018

Poème de la semaine

Tu me regardes.

Tu dis nous serons debout

nous mettrons nos peurs

nos morts ensemble.

Il y en a toujours eu trop

jusque dans ma voix tu le sais.

Et nous parlerons ensemble

de nos petits et petites disparus.

 

Denise Desautels

extrait de Disparaitre, éditions du Petit Flou.

Posté par albanegelle à 10:39 PM - Commentaires [2] - Permalien [#]


lundi 14 mai 2018

Poème de la semaine

       LE REVE EN ACTION

la beauté de ton sourire ton sourire

en cristaux les cristaux de  velours

le velours de ta voix ta voix et

ton silence ton silence absorbant

absorbant comme la neige la neige

chaude et lente lente est

ta démarche ta démarche diagonale

diagonale soif soir soie et flottante

flottante comme les plaintes les plantes

sont dans ta peau ta peau les

décoiffe elle décoiffe ton parfum

ton parfum est dans ma bouche ta bouche

est une cuisse une cuisse qui s'envole

elle s'envole vers mes dents mes dents

te dévorent je dévore ton absence

ton absence est une cuisse cuisse ou

soulier soulier que j'embrasse

j'embrasse ce soulier je l'embrasse sur

ta bouche car ta bouche est une bouche

elle n'est pas un soulier miroir que j'embrasse

de même que tes jambes de même que

tes jambes de même que tes jambes de

même que tes jambes tes jambes

jambes du soupir soupir

du vertige vertige de ton visage

j'enjambe ton image comme on enjambe

une fenêtre fenêtre de ton être et de

tes mirages ton image son corps et

son âme ton âme ton âme et ton nez

étonné je suis étonné nez de tes

cheveux ta chevelure en flammes ton âme

en flammes et en larmes comme les doigts de

tes pieds tes pieds sur ma poitrine

ma poitrine dans tes yeux tes yeux

dans la forêt la forêt liquide

liquide et en os les os de mes cris

j'écris et je crie de ma langue déchirante

je déchire tes bras tes bas

délirant je désire et déchire tes bras et tes bas

le bas et le haut de ton corps frissonnant

frissonnant et pur pur comme

l'orage comme l'orage de ton cou cou de

tes paupières les paupières de ton sang

ton sang caressant palpitant frissonnant

frissonnant et pur pur comme l'orange

orange de tes genoux de tes narines de

ton haleine de ton ventre je dis

ventre mais je pense à la nage

à la nage du nuage nuage du

secret le secret merveilleux merveilleux

comme toi-même

toi sur le toit somnambulique et nuage

nuage et diamant c'est un

diamant qui nage qui nage avec souplesse

tu nages souplement dans l'eau de la

matière de la matière de mon esprit

dans l'esprit de mon corps dans le corps

de mes rêves de mes rêves en action

 

Ghérasim Luca,

extrait de Le principe d'incertitude, éd. Gallimard

 

Posté par albanegelle à 12:51 PM - Commentaires [1] - Permalien [#]

samedi 5 mai 2018

Poème de la semaine

Il ne fait de mal

à personne.

 

ça lui ferait

trop mal.

 

Eugène Guillevic

extrait de Ce sauvage, éditions érès

Posté par albanegelle à 09:34 AM - Commentaires [1] - Permalien [#]

mardi 24 avril 2018

Poème de la semaine

    . Qu'est-ce que tu fais ?

je cherche un trésor

    . Tu ne trouveras pas de trésor ici

    . Parce qu'il n'y a rien à chercher

    . Rien à creuser

je cherche un trésor qui

ne se trouve pas avec les mains

    . Et tu le trouves avec quoi ?

justement je cherche

 

Patrick Dubost

extrait de Sous la lumière d'Assise, Voix éditions.

 

Posté par albanegelle à 02:58 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 13 avril 2018

Poème de la semaine

Le ciel, grand, plein de retenue splendide,

une provision d'espace, un excès de monde.

Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,

trop près pour nous en détourner.

Rainer Maria Rilke, extrait de Poèmes à la nuit.

Posté par albanegelle à 11:25 AM - Commentaires [1] - Permalien [#]

mardi 20 février 2018

Poème de la semaine

Au moins, tu sais, toi, océan

Qu'il est inutile

de rêver ta fin.

Eugène Guillevic

Posté par albanegelle à 02:48 PM - Commentaires [1] - Permalien [#]