albane gellé

jeudi 31 janvier 2019

Poème de la semaine

(...)

Elle éclatait en fleurs

Et sans cela nous serions morts

De ne pouvoir dire

Notre gratitude

 

Nous avons été des arbres

Et tu fus parmi nous

A présent

Déracine ton ombre

Porte haut le feuillage des années sans nom

Et marche.

(...)

extrait de Un récit, Chloé Landriot, Polder 174 (par de la revue Décharge et les éditions Gros Textes)

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jeudi 17 janvier 2019

Poème de la semaine

Le mot infini est infini,
Le mot mystérieux est mystérieux.
Tous deux sont infinis, mystérieux.
Syllabe après syllabe tu tentes de les convoquer
sans qu’une lumière annonce leur empire,
sans qu’une ombre dise à quelle distance d’eux
est l’opacité où tu évolues.
Ils vont vers l’éclatante clarté et y nichent,
quand tu les laisses libres dans l’air
en espérant qu’une aile inexplicable
t’emporte vers leur vol

Y a-t-il autre chose que sa saveur dans le goût de la vie ?


Ida Vitale, Ombre de la mémoire, anthologie de la poésie hispano-américaine, éditions Gallimard, Collection du monde entier, 2009, traduction de Jean-Luc Lacarrière

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mercredi 2 janvier 2019

Poème de la semaine

Je sortirai regarder la pleine lune à l’aube.
Je ne l’interrogerai pas (ni elle non plus).
Nous nous regarderons avec la fixité d’une dernière rencontre.
Sa pitié pour ma pâleur, ma rancune pour son lit
de roche, n’interrompront pas le sourd amour de tant d’années.


Je ne lui demanderai pas de poèmes, je ne traînerai pas sa couronne
jusqu’à ma table de travail.
Elle à sa place, moi à la mienne : tel est le vieux filet,
l’expédition, mon désir couvert d’ombres,
comme les écailles d’un poisson platiné.


Lorsque le nuage errant la couvrira, j’irai dormir.
La certitude de la retrouver – si je me réveille -                           est l’esprit secret de ma maison dans la moiteur de la nuit.


Pauline Vinderman, Barque noire, Editions Lettres vives, traduction de
Jacques Ancet

ET UN GRAND MERCI A L'AMI Jean-Luc KLAPKA, qui m'envoie souvent et généreusement des poèmes à découvrir, pour -entre autres - nourrir ces envois de Poèmes de la semaine... dont j'ai du mal à tenir le rythme régulier ...!

Posté par albanegelle à 11:41 AM - Commentaires [1] - Permalien [#]

vendredi 30 novembre 2018

Poème de la semaine

Je vous entends m'appeler et je ne résiste pas, enclose dans ma chair, à l'étrange nudité de votre visage. Plus jamais de souffle court, de respiration haletante ou de monts longés de désirs relégués aux souterrains. Je parle du plus loin pour poser la vie; je cours ce risque d'accéder au plus près de la réalité. Je m'applique à traduire, suspendue dans l'attente, une langue qui m'est inconnue. J'éprouve la correspondance des codes somnambules.

Danielle Fournier

extrait de Poèmes perdus en Hongrie, vlb éditeur.

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jeudi 15 novembre 2018

Poème de la semaine

L'ange

 

Dans une inclination du front il rejette loin

de lui ce qui limite et contraint;

car dans son coeur passe, dressé, immense,

ce qui éternellement est à venir et virevolte

 

Les cieux profonds lui paraissent peuplés

   de figures

et chacune peut l'appeler : viens, reconnais-

A ses mains légères ne confie rien à porter

de ce qui t'accable. Sans quoi elles viendraient

   de nuit

 

chez toi pour t'éprouver, t'obligeant à lutter

   plus encore,

et traverseraient la maison comme des furies

et te saisiraient comme si elles t'avaient créé

pour t'extraire de ta forme.

 

Rainer Maria Rilke,

extrait de "Nouveaux poèmes",in Célèbre la terre pour l'ange, éditions Albin Michel

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lundi 29 octobre 2018

Poème de la semaine

si tu pouvais t’enrouler dans ce voile de pluie,
gouttes sur les paupières et au creux de la main,
peut-être pourrais-tu te reposer : la déchirure
c’est d’être là et de voir la pluie
qui ruisselle sur les carreaux, qui cingle
les arbres et leurs bourgeons, savoir
entrer dans une goutte de pluie est un secret
que bien peu connaissent sans doute :
c’est celui qui délie les membres
et rentre la création dans la mer
comme au premier jour, quand tout
n’était qu’en puissance dans l’écume.

 
Paul de Roux, Poèmes de l’aube, Gallimard, 1990.

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lundi 1 octobre 2018

Lettre d'information numéro 3

Chênehutte, 1er octobre 2018.

Bonjour à tous,

Voilà un an déjà, je vous informais de ma décision de suivre la formation aboutissant au diplôme Accompagnateur Tourisme Equestre, pour pouvoir en toute légalité emmener des personnes en balade à cheval en extérieur. J'ai commencé cette formation en septembre 2017 au centre équestre L'écurie de St Cyr du Doret (17) et elle s'est achevée en juin 2018. J'ai obtenu ce diplôme le 29 juin dernier. Ce fut une année riche mais aussi assez rude, avec un ryhme soutenu de déplacements et des apprentissages complets, parfois très physiques. 

Dès l'été, j'ai pu commencé à accompagner quelques balades, que j'ai ponctuées de petites pauses poétiques, qui ont consisté en de brèves lectures de textes, poèmes d'auteurs contemporains, ou plus anciens. Trois chevaux font ces promenades, et je peux donc emmener deux personnes au maximum. Sont prévues aussi des balades aux crépuscules des pleines lunes, et des balades plus spécifiquement consacrées à un auteur, ou à une thématique. J'aimerais que des idées puissent venir aussi des gens intéressés, et je leur préparerais ainsi des moments personnalisés. Avec les petits chevaux, je continue d'accueillir des enfants pendant les vacances scolaires, et vais recevoir bientôt des enfants d'un SESSAD saumurois, pour une dizaine de séances avec eux. J'aimerais beaucoup pouvoir accueillir d'autres enfants placés dans des structures médico-éducatives, ainsi que des personnes âgées, résidant dans des EHPAD par exemple. Un site consacré aux activités de Petits chevaux et compagnie est maintenant en ligne ici : petitschevauxetcompagnie.strikingly.com

Côté poésie, trois livres ont été publiés au printemps de cette année : Pelotes, Averses, Miroirs, aux éditions L'Atelier contemporain, 37 poèmes, avec 37 dessins de Patricia Cartereau, Poisson dans l'eau, récit jeunesse aux éditions des Carnets du dessert de Lune, avec des dessins de Séverine Bérard, et  Où vont les mots, toute petite histoire aux éditions Pneumatiques.

L'année qui vient va me permettre d'expérimenter cet équilibre dont j'ai rêvé, entre les déplacements pour la poésie et les activités ici, avec les chevaux. Peut-être un rythme saisonnier, quelque chose comme ça.

Je continue également d'accompagner l'aventure de la librairie Le livre à venir, à Saumur, avec mon aimé, Patrick Cahuzac. A partir de ce 5 octobre prochain, nous proposerons chaque premier vendredi du mois, une action, ou un petit évènement, en lien actif et solidaire avec le manifeste et le livre Nous voulons des coquelicots,de Fabrice Nicolino et François Veillerette, aux éditions Les liens qui libèrent , pour exprimer avec eux notre volonté que l'usage des pesticides soit stoppé pour de bon. Une pétition est en ligne avec l'objectif de collecter 5 millions de signatures d'ici deux ans (aujourd'hui 220 000). Ce vendredi à 20h, la petite équipe du Livre à venir lira des extraits  choisis de livres qui parlent des arbres, des animaux, de la terre..., et vous êtes les bienvenus à la librairie, 21 rue de la tonnelle, à Saumur (49).

Peut-être y aura-t-il des occasions pour se parler ou se voir pendant les mois qui viennent - je fais confiance aux synchronicités de la vie et aux fils invisibles qui nous relient -  je vous souhaite un très bel automne. Prenez soin de vous.

Albane

 

 

 

 

 

 

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vendredi 21 septembre 2018

Poème de la semaine

les cyprès encore un peu bleus au soir sont mes cairns. j'y vais. passeur obstiné. de dalle en dalle: cette lente reconnaissance du chemin déjà tant de fois parcouru, mais toujours neuf.

encore à refaire.

 

Jacques Brémond

extrait de Quelle nuit : Mes tombeaux ? Karédys éditions

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vendredi 7 septembre 2018

Poème de la semaine

Là où j'ai grandi

je grandis encore

 

là où je suis tombé

je tombe encore

 

là où j'ai rencontré la joie

marchant à mes côtés

elle marche encore

 

là où mon âme curieuse

dans la nuit

a fait son premier pas

elle explore encore

 

entre ces choses

ne reste de moi

que le messager pour moi-même.

 

Paul Brémont

extrait de Le Jardinier Fantôme

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dimanche 12 août 2018

Poème de la semaine

Situé en quelque nébuleuse lointaine

je fais ce que je fais, pour que

l'équilibre universel dont je fais partie

ne perde pas l'équilibre.

 

Antonio Porchia,

extrait de Voix éparses, éditions Erès.

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