albane gellé

jeudi 1 décembre 2016

Poème de la semaine

on a du mal à être

celui dont on parle

vite d'évidence sauf

qu'on ne voit pas du tout

 

mais on ne veut pas gêner

faire perdre du temps

 

peut-être que celui qui parle

voit parce qu'il est dehors

 

s'il était dedans

il ne verrait rien

 

Antoine Emaz

extrait de Limite, éditions Tarabuste.

 

 

 

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mardi 15 novembre 2016

Poème de la semaine

La joie d'être à la fenêtre

 

La joie d'être à la fenêtre, je l'ai encore.

Une feuille fanée colle à la vitre.

Le corbeau, avec son cri automnal,

quitte les nuages

pour se présenter à moi.

Et un soupçon d'espoir fleurit sur l'herbe,

de ma bouche

à ta bouche, il pourrait s'aventurer.

Mais nulle part tu ne veux apparaître.

Pourtant j'ai encore la joie d'être à la fenêtre.

 

Johannes Kühn

extrait de A qui appartient ce long cortège de nuages blancs ? (éditions Cheyne)

poèmes traduits par Joël Vincent.

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vendredi 4 novembre 2016

Poème de la semaine

Ne m'oubliez pas

même si je suis parti aussi loin que

les nuages

lorsque dans le ciel la nuit aura achevé

son parcours nous nous reverrons

poème attribué à Ariwara No Narihira

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jeudi 6 octobre 2016

Poèmes de la semaine

la craie

du solide friable

du grand né du tout petit

de l'éphémère qui dure

 

une vie de  falaise

 

       *

 

nos os

viendront s'ajouter

aux os du passé

 

nous rejoindrons

le grand corps de la terre

pour de nouvelles falaises

 

      *

 

accueillir

ce qui falaise en nous

 

les fissures

le fragile

 

et cet élan vers le ciel

 

Mélanie Leblanc

extraits de Des falaises, éditions Cheyne.

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vendredi 23 septembre 2016

Poème de la semaine

Ne juge pas les murs arides

pense aux fleurs qui éclosent

entre des pierres, l'invisible

se délivre au bon moment.

Pierre Dhainaut, extrait de Progrès d'une éclaircie, éd. Faï Fioc

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samedi 10 septembre 2016

(...)

 

parfois le soir on s'adosse à l'arbre

et l'on voudrait qu'il soit

notre colonne de vertèbres

et dans les airs et dans les temps

 

Rémi Checchetto, extrait du poème lui qui savait par coeur, éd. Faï fioc.

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vendredi 2 septembre 2016

Poème de la semaine

Les romans sont des abris où retrouver des disparus. Ecrire, c'est construire leur refuge, assembler des branchages, bâtir des murs, préparer les lits, penser à la liste des courses et aux chansons que l'on chantera après le repas. C'est les attendre au bout du chemin, la nuit est tombée déjà, ils sont en retard.

De l'organique, de l'eau, du sable, je prépare un mortier. Les mains sales de malaxer la matière, touours y reviennent.

Ce serait une forêt et je devrais la traverser, seule.    

J'ai tout le temps peur mais c'est chez moi.

(...)

Les gens sont des histoires,tu les inventes, ils vivent plus que vrai. les gens sont une silhouette sur une photo et toute la vie ils sont un pull rayé, un tableau au-dessus de la cheminée, un clocher bande claire, des lunettes fumées, un poulet rôti et des coupes fières. Les gens sont des dates, tu les notes scrupuleusement, des maisons, tu les visites, un bord de rivière, un plat préféré, des cicatrices que rien ne soigne, tu souffles doucement dessus. Les gens sont maintenant des chansons, tu les écoutes et si tu pleures un peu, tu as raison.

extrais de Les gens dans l'enveloppe, Isabelle Monnin, éd. JC Lattès                                      

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dimanche 21 août 2016

Mais hier

l'enfant a mangé la langue du chat

puis d'un saut a tenté d'attraper

en vain

le merle aux ailes rouges

depuis ils babillent

miaulent

installés au fond du jardin

près des cerisiers

pour une discussion joyeuse

& sans fin

 

Claude Chambard

extrait de Cet être devant soi, éditions Aencrages & Co

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lundi 8 août 2016

Poème de la semaine

On déménage. Hier,

La maison était pleine,

Aujourd’hui elle est vide.

Quelle tête fait-il, le clown ?

A la fois triste et gai.

Aujourd’hui ici, demain

Là-bas. Mais il se demande :

Et si le camion revenait

Avec les meubles et les années ?


Christian GARAUD,  extrait de Le livre des contraires, éditions Petit Va.

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lundi 25 juillet 2016

Poème de la semaine

       Patagonie

Une débâcle de nuages

encombre le ciel grand angle

et le vent d'ouest le vent fou

écarte le cadre de l'image

et le vent d'ouest le vent fou

effiloche la traine des cirrus

le Pacifique baigne dans le sang

tout le ciel entre dans l'oeil d'un poisson.

 

Serge Delaive

extrait de En rade, éd. Décharge/Gros Textes (Polder 129)

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