Le respect que nous souhaitons obtenir de l'homme envers ses pareils n'est qu'un cas particulier du respect qu'il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie. (Claude Lévi-Strauss - discours, 1971)

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Rien que le mot éléphant et la façon dont les hommes en usent, il arrive aux éléphants des choses catastrophiques. (Fernand Deligny, Les enfants et le silence)

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Ne vivez pour l'instant que vos questions. peut-être trouverez-vous, insensiblement les réponses en vous-même. (Rainer Maria Rilke)

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Le cheval est autre chose qu'intelligent ou bête. Il a l'absence de sentiments d'un intermédiaire occulte, car c'est un animal médium. Il n'y a pas d'autre secret. (Lucie Delarue-Mardrus, Le cheval, éd. 1929)

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La joie, c’est être présent à plus grand que soi. (Gilles Deleuze)

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Oui il y a un autre monde, mais il est dans  ce monde. (Paul Eluard)

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J’appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien. (Pierre Rahbi)

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Associer enfin plus largement l’âme collective à la circulation de l’énergie spirituelle dans le monde. (St John Perse)

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Là où la montagne dépasse du mot qui la désigne se trouve un poète. (Odysseus Elytis)

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Plus il y a de poésie, plus il y a de réalité. (Novalis)

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Disons : la poésie illimite le réel, elle rend justice à sa profondeur insolvable, à la prolifération des sens qu’il recèle. (…)Entendant le poème, on perçoit – même un enfant le perçoit – d’instinct que c’est de la part manquante du réel- qui nous manque autant que nous la manquons- dont il est question. ( …) Une quête qui oppose à la fascination du progrès technologique la persistance de cet arkhaios que j’évoquais au début de mon propos et qui se définit  par une relation comme amoureuse  à la chair du monde, sans laquelle l’homme amputée de sa part sensible régresse dans le robot.(…) Face à l’énergie nucléaire, la lampe d’argile suffira-t-elle à son propos – oui, si d’argile se souvient l’homme. (…) La langue parlée est généralement devenue une langue essoufflée, elle ne respire plus parce que nous ne respirons plus les mots.(…) On assiste à une hystérisation du débit de la parole qui récuse bien sûr silence et latence, ce qui n’est pas seulement un empêchement à la pensée mais interdit qu’on prenne seulement souffle. (…) Vivre en poète et trouver le sens imprévu ou perdre bientôt notre humanité. (Jean-Pierre Siméon)

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Je comprends la joie devant chaque nouveau mot conquis, rempli du sens qu’on a  soi-même senti, et qui accourt prêter sa force à celui qui s’est tourné vers lui- je comprends cela en ce temps où l’on voit partout croître l’aliénation de soi-même et la culture de masse. (Paul Celan)

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La littérature (mais les poètes sont ma seule fréquentation) est la seule sauvegarde. Il suffit de quelques lignes souveraines et modestes, et le ciel change de couleur. Il y a comme un parfum de résurrection (mais comment exprimer cela sans emphase) qui réveille les sens et apaise le cœur. Les mots vont bien au-delà d’eux-mêmes, et leurs échos nourrissent l’esprit qui était en proie aux longs ennuis, et qui s’éveille enfin  donnant les images salvatrices. (Jean-Claude Pirotte)

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