NATUREL ET SANS DANGER

 

Au printemps les bidonvilles

ressemblent à des cabanes de jardiniers

près du bulldozer ensablé

les terres rases commencent à verdir

 

une péniche glisse sur son bras de Seine

étendue blanche de sable

sans rapport avec une plage

parking futur de remorques garées

 

sur une étendue d'eau un cygne blanc

sur un autre un sac en plastique blanc

se ressemblent comme deux gouttes d'eau

-dans ce paysage précipité par le train -

 

deux chevaux se cabrent

eux seuls ne s'habituent pas

à ce trait bruyant et vif

ils ont leur caractère leurs émois

leur vie à eux

ils ne changent pas.

 

Camille Loivier,

extrait de La terre tourne plus  vite, éditions Tarabuste.