Dans ma maison de Géronimo

vit une femme au nom d'Oublie

Elle a des mains fragiles qui laissent tomber les choses

et des yeux posés sur le vide

Oublie écrit chaque jour

L'écriture est son enclos, son étable, son abri à l'abri du

monde

elle y gagne son taisement

pied à pied et d'arrache

Elle creuse s'étonne et se rapaille

Ce qu'elle voudrait dire

et jamais ne le peut

naufrage dans sa bouche

tocsin les mots

ocsin le lointain

Qui pleure là

Si proche de moi-même au moment de pleurer ?

Informulable solitude d'Oublie

 

Marie Huot

extrait de Ma maison de Géronimo, éditions Al Manar