on sent qu'on n'a plus l'ombre avec soi

qu'elle a perdu sa rondeur d'à midi

sous l'arbre

 

et la lumière plus loin sur l'herbe

presque au vert disparu

se heurte à des bris d'oiseaux qui se

retournent d'un seul instant s'

effacent vont paraître plus haut

comme un mot nous arrive

ou nous est retiré

coups par à-coups et qu'on sent en plein coeur

 

ce qui se joue alors dans un verre d'eau

entre des anges et la peau des doigts

le paysage comme du sucre

fond au fond

les souvenirs suent

et rien n'est encore empoisonné

 

de grands essaims pendent

poches fermées

l'enfant s'invente

et son futur tient dans le moment

 

Véronique Gentil

poème extrait de Va, éditions Faï Fioc